Lucioles 3èmes rencontres nationales du pouvoir d’agir Entre faire réseau et faire alliance

Détails de l'événement

Aequitaz en partenariat avec de nombreux autres acteurs se reconnaissant dans les logiques de développement du pouvoir d’agir, organise les 3è rencontres nationales du pouvoir d’agir.

En 2018, nous souhaitons à travers ces rencontres affirmer haut et fort qu’il existe des possibles, des lueurs et des ressources, en nous et entre nous, qui peuvent nous permettre de construire un monde plus beau et plus juste. Si les lucioles n’abolissent pas la nuit, une seule d’entre elle suffit pour réenchanter la nuit !

 

Samedi 3 février 2018, à partir de 9h00 à la Maison des Associations Solidaires
10/18 rue des terres au curé -75013 Paris

 

Infos et inscriptions

9h00 : Accueil, Café
9h30-10h30 ( En plénière ) : « Pouvoir d’agir » de quoi est-ce le nom ? (court, illustré,pêchu, à plusieurs voix, sans langue de bois…)
1. Entre faire réseau et faire alliance ;
2. S’outiller
3. Lever des contradictions et des obstacles…)

10h30-12h30 (En ateliers) : Échanges de pratiques, de situations et de propositions
Les participants seront invité à choisir un thème d’atelier (migrants, logement, chômage,…)
en fonction de leurs expériences, indignations et engagements. Dans chaque atelier,
l’enjeu sera, à partir de « cas concrets et pratiques », d’ouvrir des possibles, localement ou
plus largement.

12h30-14h00 : Repas libre

14h00-15h30 (En mode « circulation ») : Enrichissement des propositions et alliance
Des posters de propositions, questions et demande de coups de main seront produit le
matin en atelier. Chacun sera invité à circuler dans les différents lieux afin de proposer des tuyaux, des coups de main ou même construire une alliance (locale ou thématique)…
Temps pragmatique, joyeux, laissons-nous surprendre !

15h30-17h00 ( En plénière ) : Déclamation des alliances en cours, de propositions inédites et de perspectives.
Bilan et clôture.

 

 

En 1941, dans une lettre à un ami, Pasolini écrit :
« La nuit dont je te parle, nous avons dîné à Paderno, et ensuite dans le noir sans lune, nous sommes montés vers Pieve del Pino, nous avons vu une quantité énorme de lucioles, qui formaient des bosquets de feu dans les bosquets de buissons, et nous les enviions parce qu’elles s’aimaient, parce qu’elles se cherchaient dans leurs envols amoureux et leurs lumières alors que nous étions secs et rien que des mâles dans un vagabondage artificiel. J’ai alors pensé comment
l’amitié est belle ». Alors que le fascisme s’installait en Italie, Passolini célébrait la beauté et les capacités de résistance du peuple italien.

En 1975, il publie un texte intitulé « La disparition des lucioles » dans lequel il dit :
« Au début des années 1960, à cause de la pollution atmosphérique, et surtout à la campagne, à cause de la pollution de l’eau (fleuves d’azur et canaux limpides), les lucioles ont commencé à disparaître. Cela a été un phénomène foudroyant et fulgurant. Après quelques années, il n’y avait plus de lucioles ». Il fait alors un parallèle – et un constat désabusé – entre la disparition de ces petits animaux luminescents et l’incapacité du peuple italien à résister à une dérive liée à la société de consommation et l’impuissance des « dignitaires chrétiens démocrates  » à participer à un mouvement qui transforme la société.

En 2009, Georges DIDI-HUBERMAN, un anthropologue écrit Survivance des lucioles, un livre dans lequel il reprend la métaphore des lucioles :
« Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir
émettre leurs signaux lumineux. Il y a tout lieu d’être pessimiste, mais il est d’autant plus nécessaire d’ouvrir les yeux dans la nuit, de se déplacer sans relâche, de se remettre en quête des lucioles.
Une chose est de désigner la machine totalitaire, une autre de lui accorder si vite une victoire définitive et sans partage. Le monde est-il aussi totalement asservi que l’ont rêvé – que le projettent, le programment et veulent nous l’imposer – nos actuels « conseillers perfides » ? Le postuler, c’est justement donner créance à ce que leur machine veut nous faire croire. C’est ne
voir que la nuit noire ou l’aveuglante lumière des projecteurs. C’est agir en vaincus : c’est être convaincus que la machine accomplit son travail sans reste ni résistance. C’est ne voir que du tout. C’est donc ne pas voir l’espace, fût-il interstitiel, intermittent, nomade, improbablement situé, des ouvertures, des possibles, des lueurs, des malgré tout ».